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Le souffle des ACM dans les paradoxes de la société française
Extraits du rapport moral présenté par Jérôme Vignon, président des ACM lors de l'assemblée générale du 20 juin 2006

Un contexte paradoxal

Lorsqu'une poignée de mouvements de laïcs chrétiens, ensemble avec la Fédération protestante, ont lancé en 2001 l'initiative des Assises chrétienne de la mondialisation, il s'agissait pour eux de faire face à une situation d'anxiété spécialement ressentie en France. D'un côté notre pays était et se trouve encore, de fait très engagé dans un processus de mondialisation de ses entreprises et de son économie ; de l'autre, l'opinion française dans son ensemble éprouvait de grandes difficultés à considérer et à penser les conséquences de cette insertion. La tension créée par cet évènement quotidiennement familier et dont la signification reste étrangère, intrusive ou menaçante, résulte un grand désarroi dont les Chrétiens ne peuvent se désintéresser.

Entre temps, le désarroi n'a fait que s'aggraver, comme l'a manifesté le " non " au projet de Traité constitutionnel, refus dont l'effet est de voir encore s' éloigner la perspective d'un traitement politique, au moins au plan européen, du processus de mondialisation. De la même façon, les tentations de repli sur l'entre soi français sont évidentes comme l'a montré encore récemment le débat entre les responsables des Eglises chrétiennes et le gouvernement à propos d'un projet de loi en vue d'une immigration choisie.

La démarche des ACM s'inscrit donc toujours dans le projet de montrer qu'un dialogue est possible entre différentes appréhensions de la mondialisation, afin sur cette base , d'entrer en dialogue avec la société française elle-même.

Mais quel est au fond l'enjeu de ce dialogue qui n'est, il faut bien le dire, qu'esquissé ? L'enjeu se situe sans doute dans un approfondissement de la place de la liberté dans cette société française, dans une meilleure prise de conscience des liens entre cette liberté et l'exercice de la responsabilité. Reprenant l'image du paradoxe, la société française apparaît, vue de Bruxelles, comme faisant un grand écart entre les versions privées et collectives de la liberté.
" D'un coté, notre société semble désormais acquise, comme toutes les sociétés européennes, à l'idée d'une liberté des mœurs que ne doivent pas entraver les recommandations morales.
" De l'autre, cette même société française veut, plus que d'autres en Europe, continuer de confier à l'Etat un rôle protecteur et systématiquement régulateur pour limiter les effets d'une libéralisation économique, fruit de la mondialisation mais aussi de l'entrée en vigueur du grand marché européen .De ce dernier n'est perçu que l'effet intrusif, pas les opportunités qu'il ouvre, ni l'enjeu d'encadrer, à l'aide de normes communes les conditions de la liberté des échanges.

Pour les Chrétiens, les deux branches du paradoxe se rattachent à la question de la responsabilité du sujet créé libre, mais pas affranchi de tout lien avec la communauté, dans ses divers degrés familiaux, locaux, nationaux et mondiaux. Plus les libertés et les potentialités du sujet s'étendent, que ce soit sur un plan personnel ou collectif, plus aussi se trouve engagée la responsabilité de ce même sujet, responsabilité où s'enracine le rôle de l'Etat lui-même puisque la vocation de l'Etat est aussi de promouvoir une " citoyenneté active " .

Toutefois, nous voyons bien combien il est difficile, dans la France actuelle, d'évoquer cette question de la responsabilité du sujet : soit en raison de la permanence d'un état de guerre civile froide continuant d'opposer les Français d'en bas à ceux d'en haut, ceux du public et ceux du privé ; soit en raison de la prééminence culturelle chez nous de la fonction idéologique et symbolique sur la fonction argumentative et réflexive. Comme Chrétiens, si nous sommes animés par le souci d'une société juste, on doit tenter de relever le gant d'un triple déficit français : déficit de justice sociale ; déficit de proposition sociale assumant le changement économique ; déficit de dialogue et d'écoute comme source de la responsabilité. En poursuivant l'intuition des ACM, c'est à affronter ces déficits que nous contribuons.

Quel souffle nous anime ?

Pour autant, ce n'est pas aux Chrétiens qu'il appartient de faire des propositions sur un terrain proprement politique ou d'action sociale et économique. Il s'agit plutôt pour eux de donner un signal, d'exprimer un souffle qui rappellent le niveau réel des attentes et des enjeux, dans un moment où la difficulté de poser la question du dilemme entre liberté et responsabilité restreint le champ du débat public à des simplifications ou à des anathèmes, quitte à se contenter d'aviver les peurs et les ressentiments plutôt que d'ouvrir des voies nouvelles.

Quel est ce souffle qui nous a animés lors de l'assemblée synodale de Janvier 2006 à Lille ?

Il s'agit sans doute en premier lieu d'un souffle apostolique, si j'ose dire, en vertu duquel nous avons estimé que le mode de témoignage, d'attestation de la Foi chrétienne devrait aujourd'hui reposer sur l'expérience qui nous a conduits au livre blanc. Ce mode de témoignage doit se poursuivre :

" Selon la modalité d'une plate forme de dialogue inter mouvements et associations, structurée en réseau.
" Au service de ces mouvements et associations et non en substitution de ceux-ci.
" Capables de porter une parole plurielle, dont l'authenticité repose sur des engagements pris au sein de ces mouvements.
" Toujours rattachés au thème de la mondialisation, en vue d'approfondir de chantiers apparus comme complexes ou traités superficiellement par le livre blanc.
" Fonctionnant sur un plan local, à l'image des ARM, en interaction avec une animation nationale.

Parallèlement à cette poursuite de la mission des ACM, les mouvements et associations ont souhaité mener pour leur propre compte, à l'égards de leurs militants ou affiliés, une démarche de pédagogie spirituelle, fondée sur l'appropriation de ce livre blanc, au moyen d'une présentation plus parlante, et d'outils propres à chaque mouvement et association.

Le livre blanc se trouve donc bien au croisement des engagements auxquels nous invitait l'assemblée synodale de Lille, de même que le site des ACM, instruments privilégié de ces échanges entre nous pour fonder une plateforme

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