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Assemblée synodale de Lyon
Valpré (Lyon), 24 et 25 janvier 2004

>> Parution du Livre vert / à télécharger (3 Mo)

250 délégués des Eglises et mouvements membres des Assises Chrétiennes de la Mondialisation se sont retrouvés à Valpré à proximité de Lyon. Chaque mouvement a exprimé ses questions et convictions par rapport aux enjeux de la mondialisation. Ce week-end de travail et de réflexion en commun a permis de mettre en lumière les spécificités de ces différents réseaux chrétiens et de confirmer leur volonté de continuer à débattre ensemble.

Intervention finale de Jérôme Vignon, Président des ACM à l'issue de l'Assemblée synodale


"Après ces deux journées passées ensemble, nous mesurons mieux la témérité de notre entreprise, ne serait-ce qu'au travers des craintes ou des interrogations que vous nous avez adressées. Cette entreprise nous place dans une situation analogue à celle de ces communautés locales sollicitées par le Pape Paul VI de fournir une expression particulière, forte seulement de leur fidélité à l'Eglise, de leur engagement à vivre selon l'Evangile au plus prés des situations concrètes.

Mais cette audace, cette novation sont justifiées par la nouveauté même du temps où nous vivons.

Nouveauté de la mondialisation elle-même, cette naissance du monde à lui-même, selon la belle expression de Jean-François COLLANGE. Comme nous l'a rappelé Bruno Marie DUFFE, la mondialisation a démarré sans crier gare, sans le secours des théologiens , entraînant avec elle tout un mouvement de la société civile , en grande partie autonome par rapport aux Eglises sur les questions de population et de développement par exemple .

Situation nouvelle également dans laquelle les relais de l'enseignement social chrétien se trouvent singulièrement affaiblis, tout au moins dans nos pays. Privé du relais des corps intermédiaires qui s'en faisaient l'interprète auprès des acteurs sociaux, la doctrine n'est plus intelligible que par des initiés. Elle risque aussi de se dessécher en restant à l'écart des situations nouvelles.

Nouveauté enfin de la culture démocratique de notre temps qui privilégie l'échange d'expériences, la participation de chacun à la formulation et à l'application des règles communes. Le défi de l'unité dans la diversité devient un défi de l'organisation de la communication : celui du va-et-vient entre différents niveaux d'expériences qui de " synthèses partielles " en " diagnostics partagés " parvient à une formulation globale , qui dans son imperfection même , fait droit aux situations particulières . Etait-ce ce qu'évoquait Jean-Marie MULLER, avec l'expression de " catholicité conciliaire " ?


Comme le suggère l'historien Jean DELHUMEAU, pour rester fidèle à la fécondité de leur tradition, les Eglises doivent sans cesse inventer des formes nouvelles de communication de l'Esprit qui les traverse, en dialogue avec les techniques, les sciences, les processus économiques, financiers ou culturels qui charpentent la mondialisation, Elles doivent trouver de nouveaux moyens d'incarner le "courage de la Foi ",

Nous devons en effet avoir le courage de dire que nous n'acceptons pas que tant de peuples Africains vivent aujourd'hui dans la misère, la désolation et souvent la terreur, alors même que tous les instruments sont disponibles pour leur développement. Nous ne pouvons accepter que l'argent devienne à ce point la mesure de toute chose que l'on assiste sans sourciller aux transferts massifs de jeunes femmes d'est en Ouest pour la prostitution. Nous ne pouvons accepter que la mise en œuvre concrète des législations sur l'immigration et l'asile aboutissent à des situations d'injustice et de non droit.

Je me souviens cependant de la parole du Père Damien Le DOUARIN : pas de parole qui dénonce sans une Parole qui annonce … Qu'est-ce justement que nous pouvons annoncer ? Nous l'avons évoqué au cours de ces deux journées : il s'agit d'une manière d'être et de vivre qui commence par le don, la gratuité, la non réciprocité et qui tient à distance l'esprit de possession et de domination. La mondialisation a besoin de cette manière d'être pour éviter que la production, les échanges, la compétition, occupant tout l'espace, ne se transforment en pulsions insensées.

Songeant à Saint-Paul encourageant les disciples en leur faisant découvrir les armes de la Foi, mesurons aussi la force de la Foi qu s'est manifestée au travers des recommandations de l'assemblée synodale. Nous voilà nous aussi équipés pour cette aventure, d'un fil conducteur : l'écoute des pauvres, d'une méthode : le dialogue véritable, d'un langage : celui des paroles qui touchent le cœur de nos contemporains.

C'est pourquoi, j'ose le répéter, avec la bénédiction de nos Eglises, bientôt celle de Monseigneur Barbarin, nous pouvons sans crainte cheminer ensemble pour que la mondialisation devienne à la mesure de l'Homme vivant."

Lyon, le 25 janvier 2004

Jérôme Vignon

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